Geisha

Une geisha, plus fréquemment nommée geiko (??, geiko ?) à Kyōto, est au Japon une dame de compagnie raffinée réservée à une clientèle particulièrement aisée, dédiant sa vie à la pratique d'excellence des arts respectant les traditions japonais.



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Page(s) en rapport avec ce sujet :

  • La Maiko ne devient «Geisha» (Geiko "??" à Kyôto) ou encore «ippon... Lors de cette cérémonie la virginité de l'apprentie geisha est mise à prix.... (source : clickjapan)
  • Le mot Geisha est le nom générique de Geigi (dans la région de Tokyo) et de Geiko... que leur contre-partie dans la région de Kyoto sont nommées Maikos.... (source : mitene.or)
Une maiko et une geiko faisant la démonstration d'une cérémonie du thé.

Une geisha[1] (???) , plus fréquemment nommée geiko (???) à Kyōto, est au Japon une dame de compagnie raffinée réservée à une clientèle particulièrement aisée, dédiant sa vie à la pratique d'excellence des arts respectant les traditions japonais. Le mot «geisha» peut s'interpréter comme «personne d'arts» ou «femme qui excelle dans le métier de l'art».

Les geishas étaient nombreuses aux XVIIIe et XIXe siècles. Elles existent toujours dans le Japon contemporain quoique leur nombre soit en constante diminution : estimé à 17 000 dans les années 1980, il n'est plus que d'environ 200 aujourd'hui, essentiellement à Kyōto dans le quartier de Gion[2]. Cependant, grâce à une meilleure communication sur les activités des geishas surtout par la télévision et Internet, le nombre d'apprenties geisha (maiko) a connu récemment une nette augmentation[3].

L'institution multi-séculaire des geishas entretient un rapport étroit et complexe avec le phénomène de prostitution – entre parfaitisation de leur rôle et de leurs activités, et réalités historiques et sociales[4], [5], [6]. Il est cependant certain que l'octroi de faveurs sexuelles par la geisha à son client n'a jamais été entendu comme systématique ou allant de soi.

Vocabulaire

Les deux kanjis du mot geisha.

Le mot geisha se compose de deux kanjis signifiant «art» (?, ?) et «personne» ou «pratiquant» (?, ?)  ; une geisha est par conséquent littéralement une «personne qui pratique les arts».

Dans le dialecte de Kyōto, les geishas sont dénommées geiko (???) et leurs apprenties maiko (???) . Dans d'autres régions du Japon, surtout à Tōkyō, on pourra utiliser les termes d'hangyoku (???) ou d'oshakusan (???) pour désigner les jeunes filles en apprentissage.

Les geishas appartiennent au «monde des fleurs et des saules» (???, ?) . Selon la geisha Mineko Iwasaki, une geisha doit avoir la délicatesse d'une fleur mais aussi la force et la souplesse d'un saule[7].

Historique

Geisha jouant du shamisen, ukiyo-e de 1800.

L'ouverture des maisons de thé (???, ?) dans les quartiers de plaisirs en 1712 marque le début du métier de geisha. Les geishas sont le résultat de l'évolution des taikomochi (????) ou hōkan (???) , équivalents au Japon des bouffons du Moyen Âge en Europe. Ainsi, les premiers geishas étaient des hommes, dont le travail était essentiellement de divertir, par des chants et de la musique, les clients des maisons de thé[8].

Au début de leur intégration aux geishas, dans les années 1750, les femmes étaient nommées onna geisha (???? littéralement : femme geisha) , ou geiko (???) à Kyōto. Elles devinrent rapidement plus nombreuses que les hommes, qui prirent le nom d'otoko geisha (homme geisha) pour se différencier des femmes. À partir de 1800, l'ensemble des geishas étaient des femmes[8].

En 1779, le gouvernement japonais officialisa le métier de geisha et créa un bureau d'enregistrement (kenban), conçu pour recenser les geishas ainsi qu'à faire respecter la loi. Celle-ci indiquait que seules les prostituées patentées pouvaient avoir des relations sexuelles avec leurs clients, et pas les geishas[9], [10].

En 1842, la réforme Tempo proscrivit la prostitution et fit fermer les quartiers de plaisirs, mais ceux-ci rouvrirent en 1851. En 1886, pour garder le contrôle sur les activités des geishas, le gouvernement fixa un tarif officiel pour leurs activités[8].

Jusqu'au début du XXe siècle, les geishas étaient reconnues comme à la pointe de la mode[11], à tel point qu'avec l'occidentalisation du Japon dans les années 1920-1930, on vit apparaître des geishas s'habillant et dansant à l'occidentale, surnommées dansu geisha. Mais la plupart d'entre elles s'opposèrent à cette modernisation et se posèrent en gardiennes de la tradition japonaise, ce qui est toujours le cas aujourd'hui[8].

En 1944, au cours de la Deuxième Guerre mondiale, le gouvernement fit fermer les quartiers de plaisir et envoya les geishas travailler en usine pour soutenir l'effort de guerre. Le 25 octobre 1945, les quartiers de plaisir rouvrirent. L'interdiction totale de la prostitution en 1957[10] démarqua définitivement les geishas des prostituées[8]. À la même époque, de nouvelles lois sur le travail des enfants et la scolarité obligatoire interdirent aux filles de devenir maiko avant quinze ans[7].

En 1965, la Kyōto dentō gigei shinkō zaidan (??????????? littéralement «Fondation pour le développement des arts et musiques respectant les traditions de Kyōto») dénombrait à Kyōto 65 maiko, chiffre qui chuta ensuite jusqu'à 28 en 1975, avant de remonter et se stabiliser à une moyenne de 60 maiko dans les années 1990[3]. Ces dernières années, on observe un engouement nouveau pour la profession de geisha au Japon, avec pour la première fois en avril 2008 plus de 100 maiko (101 précisément) dans les cinq hanamachi de Kyōto[3]. Il semblerait que cet engouement soit surtout dû au nombre grandissant d'informations disponibles sur ce métier : livres, reportages et documentaires télévisés, mais également blogs et sites web personnel de maiko ou geisha[12].

Geisha de Kyōto

Kyōto est habituellement la ville des geishas, c'est dans cette ville que les premières geishas ont fait leur apparition[2]. Actuellement, c'est dans cette ville qu'elles sont les plus nombreuses.

Apparence

Deux maiko arborant le kimono, la coiffure et le maquillage respectant les traditions.

Habillement

Le vêtement des geishas est un kimono de soie décolleté dans le dos, surnommé obebe dans le dialecte de Kyōto[13]. Les couleurs du kimono se choisissent selon la saison, mais également selon l'âge de la porteuse : les jeunes femmes portent des couleurs vives alors que les geishas qui plus est de trente ans choisissent des couleurs plus discrètes[8].

Le kimono est plus ou moins épais selon la saison : le kimono d'été, ro, est en simple gaze de soie ; le kimono d'automne ou hitœ est en soie non doublée. Enfin, le kimono d'hiver, awase, est doublé de crêpe[8].

Le kimono est noué dans le dos par une large ceinture de soie, appelée obi (? ou ??). Cet obi se noue différemment selon l'âge de la geisha : les femmes mûres le portent en «nœud de tambour» (taiko), mais les maiko le portent «en traîne» (????, ?) , avec un nœud qui remonte jusqu'aux omoplates, le bout de l'obi traînant presque par terre. Un tel nœud nécessite un obi de plusieurs mètres de long[8]. Ce nœud dans le dos distingue les geishas des oiran et autres prostituées, qui nouaient leur obi sur le devant pour pouvoir l'enlever et le remettre plusieurs fois au cours d'une soirée [13].

Enfiler un kimono et nouer un obi est une opération complexe, d'autant plus que, les kimonos étant tous de la même longueur quelle que soit la taille de la porteuse, il est généralement indispensable de replier le tissu du kimono sous l'obi, sauf pour une geisha particulièrement grande. C'est pourquoi les geishas font fréquemment appel aux services d'un «habilleur» professionnel[13].

Les kimonos sont fabriqués et peints à la main, ce qui les rend particulièrement chers : entre 5000 et 6000 euros pour un bon kimono[7].

En-dehors des kimonos «ordinaires», les geishas portent pour les cérémonies importantes un kimono appartenant à leur okiya, de type kurotomesode, noir avec cinq kamon (blasons) de l'okiya[7].

En guise de sous-vêtements, les geishas portent un koshimaki ou «couvre-hanches», une simple bande de tissu fin enroulée autour des hanches, puis une combinaison[8]. Cette combinaison doit être en harmonie avec les couleurs du kimono, car elle apparaît en deux lieux : au niveau des chevilles lorsque la geisha relève son kimono pour marcher, et au niveau du col. Ce col est habituellement cousu chaque matin à la combinaison choisie par la geisha, puis décousu le soir pour être lavé. Il est rouge — couleur associée à l'enfance — pour les maiko, et blanc pour les geishas confirmées[13].

Les geishas portent aux pieds des chaussettes tabi et des sandales de bois (geta) [13].

Maquillage

Le maquillage qu'on associe aux geishas est en réalité celui des maiko[13].

Le visage est entièrement fardé de blanc, par-dessus une couche d'huile nommée bintsuke-abura. Le maquillage est étalé avec une brosse de bambou, puis l'excédent est tamponné avec une éponge[2]. Jadis, ce maquillage contenait du plomb, si quoique énormément d'anciennes geishas souffraient de maladies et de problèmes de peau. Actuellement, il est à base de poudre de riz. La nuque est aussi maquillée de blanc, en laissant apparaître une partie de la peau de la geisha. Les joues, les yeux et les lèvres sont maquillés de rose et de rouge[13]. Les sourcils et le contour des yeux sont tracés avec un bâtonnet de charbon ou avec du khôl[2].

Le maquillage est une opération délicate, et les maiko se font fréquemment aider par leur okâsan ou par une maquilleuse quand elles débutent ; ensuite, elles doivent apprendre à faire leur maquillage elles-mêmes. Au fur et à mesure de leur carrière, elles diminuent la quantité de maquillage ; les geishas qui plus est de trente ans ne portent presque plus de maquillage, sinon dans les grandes occasions[2].

Coiffure

Les coiffures des geishas sont des chignons respectant les traditions japonais. Elles sont faites chez un coiffeur spécialisé et doivent tenir une semaine. Pour ne pas aplatir leur coiffure, les geishas doivent dormir sur un «repose-nuque», le takamakura[13].

Les chignons nécessitant de tirer énormément sur les cheveux au sommet du crâne, énormément d'anciennes geishas ont une calvitie. Cela tend à disparaître aujourd'hui, d'une part parce que les maiko commencent plus tard qu'avant, et d'autre part parce que certaines geishas utilisent des perruques[8].

La coiffure typique des maiko est dite en «pêche fendue» (momoware ou wareshimomo)  ; c'est un chignon divisé en deux et au milieu duquel apparaît une étoffe de soie rouge[13]. Les geishas plus âgées portent d'autres types de chignon comme le marumage[8]. Les chignons sont ornés de peignes, mais aussi d'épingles à cheveux appelées kanzashi[7].

Mode de vie et carrière

Ruelle de Ponto-chō à Kyōto

Les geishas vivent dans des quartiers réservés, appelés hanamachi (??), ce qui veut dire «ville fleur». Les hanamachi les plus célèbres de Kyōto sont Gion (???) et Ponto-chō (????) [8].

Elles sont toujours rattachées à une maison de geisha, une okiya (???) , même si elles n'y vivent pas. Les okiya sont des maisons de femmes où particulièrement peu d'hommes sont autorisés à entrer[7]. La structure d'une okiya ressemble à une structure familiale, où la patronne est nommée okāsan, «mère», et où les geishas plus âgées sont reconnues comme les grandes sœurs des jeunes[8].

Une okiya se transmet par succession. L'une des geishas de la maison est désignée comme l'«héritière» (atotori)  : il peut s'agir soit d'une fille naturelle de l'okāsan, soit d'une geisha talentueuse adoptée par la maison. Comme héritière, ses gains se confondent avec ceux de son okiya, et elle est censée devenir la prochaine okāsan [7].

Les geishas, aujourd'hui, ont le choix entre deux modes de vie : soit elles vivent dans une okiya, qui leur apporte un logement et des kimonos mais perçoit une partie de leurs gains en échange, soit elles sont indépendantes (jimæ)  : elles vivent dans ce cas dans leur propre logement, et doivent financer elles-mêmes leurs vêtements et leur équipement, mais elles conservent la quasi-totalité de leurs gains. Elles restent cependant rattachées à l'okiya, qui leur sert d'«agence de rendez-vous» et qui perçoit une petite commission en échange[8].

Qu'elles soient indépendantes ou non, la vie des geishas est partagée avec tout le hanamachi : à chaque occasion importante (début et fin de l'apprentissage, mizuage etc. ), une geisha fait le tour de son hanamachi et annonce la nouvelle aux patrons des maisons de thé en leur offrant de la nourriture ou des cadeaux. Généralement, une cérémonie a aussi lieu dans la maison de thé habituelle de la geisha[8].

Les geishas forment fréquemment de véritables «lignées». En effet, chaque jeune fille désirant devenir geisha doit pour cela se trouver une «grande sœur» (oneesan), elle-même geisha et plus âgée qu'elle, qui lui enseigne le métier, l'emmène à ses rendez-vous, et touche en contrepartie un pourcentage des gains de sa «petite sœur» durant l'apprentissage. La «grande sœur» et la «petite sœur» se lient lors d'une cérémonie nommée san san ku do, durant laquelle elles boivent trois gorgées dans trois coupes de sake. Cette cérémonie est aussi un moment clé du mariage respectant les traditions japonais, elle symbolise la création d'un lien (en) entre deux personnes. La «petite sœur» se choisit à ce moment un nom de geisha, sur les conseils de son oneesan. Elle prend généralement un nom dont la racine est la même que celui de son oneesan : ainsi, la petite sœur d'une geisha appelée Ichiume pourra prendre le nom d'Ichigiku[8].

Une geisha, pour augmenter ses gains ou devenir indépendante, a besoin d'un protecteur, appelé danna, un homme riche qui lui fait divers cadeaux, ce qui ne le dispense pas de payer les prestations de la geisha au tarif normal. La geisha et son danna se lient au cours d'une cérémonie analogue au san san ku do. Jadis, la notion de danna impliquait que la geisha ait des relations sexuelles avec son protecteur, même si ce n'était jamais dit officiellement[6] ; le danna était d'ailleurs fréquemment choisi non pas par la geisha elle-même, mais par l'okiya, selon sa richesse et de son prestige[13].

Il est envisageable qu'une geisha ait des relations plus ou moins suivies avec des hommes qu'elle a rencontrés, mais ces relations sont généralement discrètes, car la réputation d'une okiya pâtirait du mauvais comportement de ses geishas. Les geishas sont censées être célibataires, et celles qui se marient abandonnent leur métier[8].

Les geishas qui mettent un terme à leur carrière organisent une cérémonie d'adieu, le hiki-iwai (????), durant laquelle elles offrent du riz bouilli à leur oneesan ainsi qu'à leur okāsan[8].

Formation

Les geishas étaient habituellement entraînées depuis leur petite enfance. Les jeunes filles étaient vendues par les familles pauvres aux okiya, qui se chargeaient de les élever et d'assurer leur éducation.

Durant leur enfance, elles travaillaient comme bonnes, puis comme assistantes dans les maisons de geisha pour contribuer à leur entraînement mais également pour assurer le remboursement de la dette contractée pour le coût de leur éducation qui est fréquemment élevé. Surtout, la plus jeune fille de l'okiya avait pour tâche de veiller à l'entrée et d'accueillir les geishas qui revenaient de leurs rendez-vous[13]. C'est une forme d'entraînement respectant les traditions au Japon et qui perdure toujours actuellement, dans laquelle l'étudiant vit chez son maître, l'aide, le regarde pratiquer, l'assiste et exécute les tâches ménagères. Cet entraînement dure fréquemment plusieurs années.

Elles commençaient dès leur plus jeune âge à pratiquer un vaste éventail d'arts. La tradition japonaise veut que les enfants qui pratiquent les arts débutent «le sixième jour du sixième mois de leur sixième année», mais il arrivait que les futures geishas débutent plus tôt[7].

Geisha jouant de la flûte et du shamisen.

La formation des geishas inclut la pratique de plusieurs instruments de musique : le shamisen, instrument à trois cordes typique des geishas, mais également la flûte japonaise mais aussi différents tambours respectant les traditions : le tsutsumi qui se tient sur l'épaule, l'okawa sur les cuisses, et enfin le taiko, le plus grand, que la geisha pose à côté d'elle et frappe avec une baguette[13]. À noter que les airs de shamisen ne sont généralement pas inscrits sur des partitions, et les geishas les apprennent à l'oreille[8].

Elles étudient aussi le chanoyu (cérémonie du thé), l'ikebana (composition florale), la poésie et la littérature japonaise.

La danse respectant les traditions est étudiée par l'ensemble des geishas afin d'obtenir un port gracieux et une démarche élégante, mais seules les geishas les plus belles et les plus douées sont encouragées à se spécialiser dans cet art[8].

Pour leur apprentissage, elles traversent une plus ou moins longue période (d'au moins un an) durant laquelle elles suivent et observent leur «grande sœur». Elle n'ont dans ce cas pas de client, mais participent aux fêtes le soir, et vont à l'école la journée. Cette période, qui dure quelques mois aujourd'hui, est nommée minarai, ce qui veut dire «apprendre par l'observation». En regardant et assistant leurs aînées, elles apprennent le kitsuke (port du kimono), l'art de la conversation, différents jeux (par exemple le jeu de celui qui boira le plus, avec un client), et l'art de divertir leurs clients[8].

Une fois devenues apprenties geisha, c'est-à-dire des maiko, elles accompagnent des geishas dans les maisons de thé, aux réceptions et banquets. Durant cette période, leur oneesan se charge de leur transmettre sa propre expérience de geisha, en échange de quoi elle perçoit un pourcentage des gains de sa «petite sœur». Cette méthode d'entraînement persiste toujours actuellement mais elle est raccourcie, dans la mesure où l'essentiel des geishas le deviennent à la fin de l'adolescence[8].

La formation d'une geisha se termine officiellement lors de la cérémonie dite du «changement de col» (erikæ), où elle remplace son col rouge de maiko par le col blanc des geishas confirmées[7].

Aujourd'hui, les geishas n'entrent plus dans les maisons de geisha dès leur enfance. Devenir une geisha est désormais un acte entièrement volontaire, qui se fait fréquemment à dix-sept ou dix-huit ans. L'apprentissage reste néanmoins long et complexe ; cependant, les geishas étant qui plus est en plus complexes à recruter, les apprenties sont fréquemment chouchoutées par leurs aînées, ce qui contraste avec l'époque où leur travail était volontairement complexe, ou alors épuisant, pour s'assurer de leur obéissance[8].

Profession

Une geisha, accueillant un homme d'affaire américain dans le quartier de Gion à Kyōto

Les geishas ne sont pas des prostituées, mais plutôt des hôtesses ou des dames de compagnie raffinées. Quoiqu'jadis, il était envisageable et presque systématique d'acheter leur virginité (un événement nommé «mizuage»), elles n'avaient pas nécessairement des relations sexuelles avec leurs clients, ni même avec l'homme qui avait payé énormément d'argent pour acheter leur virginité. C'est cependant sur ce plan que leur nom est resté dans l'appellation «boules de geisha».

Zashiki

Le travail principal des geishas est de participer aux banquets appelés zashiki. Ceux-ci ont généralement lieu dans les ochaya ou les restaurants respectant les traditions (??, ?) , mais ils peuvent aussi se dérouler dans des salons privés ou chez des spécifiques.

Les geishas ont pour objectif de divertir leurs clients ; selon le client et les circonstances, ce peut être en dansant et en jouant des airs respectant les traditions, ou simplement en discutant et en jouant à divers jeux de société.

Il y a une différention entre les geishas spécialisées dans la danse et les autres : les premières sont surnommées tachikata («debout») [7] ou odoriko («danseuse») [8], alors que les autres sont nommées jikata («assise») car elles s'asseoient pour jouer et chanter pendant que les autres dansent.

Les zashiki ne sont pas ouverts à n'importe quels clients. Il faut connaître le geisha asobi, l'art de se divertir en compagnie des geishas, et aussi être un client solvable. En effet, les zashiki sont payés sur facture, après le banquet, par les clients au restaurant, qui paye les honoraires des geishas au kenban, qui se charge de répartir l'argent entre les geishas ayant participé. Si les clients tardent à payer, ou alors ne payent absolument pas, le restaurant doit payer lui-même les honoraires des geishas ; c'est pourquoi énormément de restaurants ou d'ochaya ne sont ouverts qu'aux habitués ou aux personnes recommandées par leurs habitués[8].

Les honoraires des geishas portent le nom poétique de o-hana (??) [13] ou hanadai (??) [7], «argent-fleur». Ils sont proportionnels au temps que passe la geisha au zashiki. Une maiko n'encaisse qu'un demi-hanadai à l'endroit où une geisha confirmée en reçoit un[8].

Spectacles

Deux danseuses du Kamogawa Odori de 2006 à Ponto-chō, Kyōto.

Les geishas danseuses se produisent lors de festivals de danse. Les festivals les plus célèbres de Kyōto sont le Kamogawa Odori («danse du fleuve Kamo») à Ponto-chô, et le Miyako Odori («danse de la capitale») à Gion.

Le Miyako Odori a débuté à l'occasion de l'Exposition Universelle de Kyōto en 1871[7]. Le Kamogawa Odori a débuté en 1872, et depuis, il a lieu l'ensemble des ans en mai et en octobre ; il n'a été interrompu qu'en 1945, au moment de la fermeture des okiya au cours de la Deuxième Guerre mondiale[8].

Lors de ces festivals, les geishas donnent des représentations de danse respectant les traditions, mais également de théâtre kabuki, surtout pour le Kamogawa Odori[8].

Les geishas ne sont pas payées pour leurs représentations dans les festivals. Au contraire, elles dépensent fréquemment énormément pour les financer, et vont quelquefois même jusqu'à s'endetter. Cela est dû au fait que pour une odoriko (geisha danseuse), participer à un festival est une marque de prestige importante. Pour cette raison, les geishas qui participent aux festivals de danse ne sont pas des débutantes, elles ont fréquemment au moins trente ans[8].

Geisha de Tōkyō

Tōkyō est la seconde ville principale en matière de nombre de geisha. La capitale du Japon possède elle aussi ses hanamachi, dont les plus renommés sont Shinbashi (??), Mukōjima (??), Kagurazaka (???) et Akasaka (??). Akasaka est le hanamachi le plus cher et le plus renommé de Tōkyō ; il abrite, comme à Kyōto, un festival de danse annuel appelé Azuma Odori[8].

À Tōkyō, le terme associé aux geishas est gyoku («bijou») plutôt que hana («fleur»). Leurs honoraires sont surnommés «argent-bijou» (??, ?)  ; de même, les apprenties geisha de Tōkyō sont nommées hangyoku (??), ce qui veut dire «demi-bijou» car, comme à Kyōto, elles ne perçoivent que la moitié des honoraires d'une geisha confirmée, par conséquent un demi-gyokudai[8].

Les jeunes filles de Tōkyō ne décident généralement pas de devenir geisha avant dix-huit ans, alors qu'à Kyōto, elles commencent à dix-sept ans (les lois sur le travail des enfants interdisent de commencer plus tôt). Qui plus est , la période d'apprentissage est particulièrement réduite, et les hangyoku ne le restent généralement que quelques mois à un an et demi[8].

Au contraire de ce qui se passe à Kyōto, il est courant que les geishas de Tōkyō vivent en-dehors de leur hanamachi. Elles sont rattachés à un okiya comme le demande la loi, mais cet okiya ne leur sert que d'agence de rendez-vous, et de vestiaire où elles stockent leurs kimonos[8].

Onsen geisha

Le terme onsen geisha est fréquemment un euphémisme pour désigner les prostituées.

Les geishas des villes thermales japonaises (onsen) sont différentes des geishas citadines car, les onsen étant des lieux de détente, l'ambiance y est globalement plus détendue que dans les villes. Il y a néenmoins de véritables geishas dans ces onsen, mais celles-ci étaient fréquemment plus sollicitées sexuellement, surtout pour le jeu de la «petite rivière», où les danseuses relevaient progressivement leur kimono comme pour traverser une rivière qui plus est en plus profonde. Actuellement, cette pratique a disparu[8].

Qui plus est , pendant l'occupation du Japon par l'armée américaine, les soldats américains rencontraient dans les onsen des prostituées qui se faisaient passer pour des geishas pour les attirer et augmenter leurs tarifs, entretenant la confusion entre geisha et prostituées.

Geisha dans les petites villes

Les geishas de province sont quelquefois surnommées chihô[8]. On les trouve essentiellement dans les lieux touristiques ou de villégiature.

Notes et références

  1. Le mot geisha est entré dans plusieurs dictionnaires francophones et s'accorde par conséquent comme les autres noms français.
  2. abcde (en) Les geisha sur Hanami Web
  3. abc Shigeyuki Murase, «'Maiko'fever strikes Kyoto» sur Asahi. com, 18 avril 2008, Asahi Weekly. Consulté le 28 septembre 2008
  4. «[Geishas] were not "sex workers, " but rather daughters of the upper classes themselves who were often highly talented and trained hostesses and entertainers, as well as sexual partners for men» in Sandra R. Leiblum (dir), Principles And Practice of Sex Therapy, Guilford Publications, 2007, p. 424.
  5. Sabine Fruhstuck rédigé que les trois quarts des geishas en 1925 étaient peu ou prou des prostituées in Colonizing Sex : Sexology and Social Control in Modern Japan, University of California Press, 2003, p. 46.
  6. ab «All geisha were sexually available to patrons in one way or another, but generally speaking, the higher class geisha did not work on a nigthly or regular basis as prostitutes. They were expected to develop inimate relationship with favored patrons, however, and might have several in serial fashion. Less attractive geisha were often forced into semi-prostitution by their masters. » rédigé Boye Lafayette De Mente in Sex And the Japanese : The Sensual Side of Japan, Tuttle Publishing, 2006, p. 28.
  7. abcdefghijkl Mineko Iwasaki, Ma vie de geisha
  8. abcdefghijklmnopqrstuvwxyzaaabacadæafagahai Liza C. Dalby, Geisha
  9. À cette époque et jusqu'au début du XXe siècle, le gouvernement japonais autorisait la prostitution mais la contrôlait : les prostituées devaient posséder une licence délivrée par l'État pour exercer leur métier. À l'inverse, la licence de geisha interdisait à sa détentrice d'avoir des relations sexuelles avec ses clients, et il était normalement impossible de cumuler ces deux licences. (source : Liza C. Dalby, Geisha)
  10. ab Eric Faure, Fetes Respectant les traditions a Kyoto, L'Harmattan, 2003, p. 98.
  11. «Some [geishas], like leading courtesans of the pleasure quarters, acquired considerable fame, and some even beacame the fashion setters for women» rédigé H. Paul Varley in Japanese Culture, University of Hawaii Press, 2000, p. 204.
  12. Shigeki Koga, «Learning from Kyoto geisha» sur Nikkei Net Interactive, 22 septembre 2008, Nikkei Weekly. Mis en ligne le 22 septembre 2008, consulté le 28 septembre 2008. «One reason for the rise in apprentices is an increase in information, Ito believes, thanks to the increasing number of books and TV programs about the world of geisha. There are also geisha and maiko who write blogs and maintain their own Web sites.»
  13. abcdefghijklm Arthur Golden, Geisha

Bibliographie

Au cinéma

  1. (en) Philip J. Adler et Randall L. Pouwels, World Civilizations, Wadsworth Publishing Company, 2005, p. 99.

Liens externes

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